La rythmologie est une spécialité de la cardiologie dédiée à la prise en charge des anomalies du rythme cardiaque, extrasystoles, emballements (fibrillation atriale, flutter auriculaire, tachycardie jonctionnelle,…) ou ralentissements anormaux (dysfonction sinusale, bloc auriculo-ventriculaire).

Consultations de rythmologie

Elles ont pour but de préciser si les troubles perçus ou observés sont physiologiques ou anormaux, de déterminer si des explorations complémentaires sont nécessaires, et d’orienter vers le traitement le plus adapté, médicamenteux ou interventionnel. Elles permettent aussi d’évaluer le risque familial pour certains troubles du rythme héréditaires, incluant parfois la réalisation d’une enquête génétique.

Explorations rythmologiques non invasives

Outre le simple électrocardiogramme (ECG) de repos, on peut être amené à proposer la réalisation d’un ECG d’effort ou d’un enregistrement ECG de longue durée, continu (holter de 24h à 72h) ou évènementiel (enregistrement ponctuel d’anomalies du rythme cardiaque, sur 1 à 3 semaines).

Activité  interventionnelle

La rythmologie interventionnelle englobe les explorations et interventions permettant d’analyser ou de traiter un trouble rythmique et certains cas d’insuffisance cardiaque. La plupart sont réalisées sous anesthésie locale, parfois complétée d’une sédation, plus rarement sous anesthésie générale. Elles sont suivant les cas réalisées en hospitalisation classique ou bien en ambulatoire. Des fiches d’information spécifiques à cette activité ont été établies par la Société Française de Cardiologie et sont téléchargeables sur http://sfcardio.fr/fiches-de-consentement-patient.

  • Choc électrique externe : effectué sous brève anesthésie générale, pour tenter de rétablir un rythme cardiaque normal en cas d’emballement des oreillettes (flutter ou fibrillation atriale).

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  • Exploration électrophysiologique endocavitaire : examen permettant d’étudier l’état du circuit électrique du cœur, de rechercher des emballements anormaux et leur origine.
  • Implantation d’enregistreurs ECG sous-cutanés : d’une autonomie d’environ 3 ans, ils surveillent le rythme cardiaque en permanence et peuvent enregistrer des anomalies ponctuelles (emballements, ralentissements, palpitations). Dans certains cas il est possible de suivre ces appareils à distance, par télécardiologie.
  • Implantation de stimulateurs cardiaques (pacemaker en anglais), pour traiter des ralentissements anormaux des battements cardiaques, pouvant être responsables de syncopes. Suivant les besoins des patients, on met en place des appareils reliés au cœur par une sonde (stimulateur simple chambre), deux sondes (stimulateur double chambre), ou trois sondes (stimulateur triple chambre ou resynchronisateur, réservé au traitement de certaines formes d’insuffisance cardiaque). Les cardiocapsules sont des mini-stimulateurs cardiaques sans sonde, simple chambre ventriculaire, implantés directement à l’intérieur du cœur en passant par une veine du pli de l’aine. Dans certains cas il est possible de suivre ces appareils à distance, par télécardiologie.

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  • Implantation de défibrillateurs cardiaques, destinés à traiter les emballements graves des battements cardiaques chez des patients exposés (antécédent de tachycardie ventriculaire  ou de fibrillation ventriculaire ; fraction d’éjection cardiaque altérée). Comme pour les stimulateurs, suivant les cas on implante des défibrillateurs simple chambre, double chambre ou triple chambre. Pour les patients nécessitant un défibrillateur simple chambre, en alternative à un défibrillateur conventionnel, on peut mettre en place un défibrillateur sous-cutané, sans sonde intracardiaque. Dans certains cas il est possible de suivre ces appareils à distance, par télécardiologie. Pour les indications potentiellement transitoires à un défibrillateur, on peut prescrire pour une durée limitée une veste défibrillateur.
  • Explantation de sondes, de stimulateurs ou défibrillateurs cardiaques.
  • Ablation des troubles du rythme cardiaque: nombre de troubles du rythme cardiaque peuvent être traités et souvent guéris par l’ablation (flutter, fibrillation auriculaire, tachycardies jonctionnelles, certaines extrasystoles ventriculaires fréquentes…). Ces interventions consistent à détruire par le chaud (courant de radiofréquence) ou par le froid (cryoablation) des zones de tissu cardiaque à l’origine des arythmies d’un patient. Certaines ablations complexes nécessitent des systèmes de cartographie tridimensionnelle pour pouvoir les traiter plus efficacement.

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  • Implantation de dispositifs d’occlusion de l’auricule gauche, destinés à certains patients à risque d’embolie par caillot à point de départ cardiaque, lorsque le traitement médicamenteux par anticoagulant ne peut être prescrit.